Fabriquer le regard

marchands, réseaux et objets d'art africains à l'aube du XXe siècle

Verfasser / Beitragende:
Yaëlle Biro
Ort, Verlag, Jahr:
Dijon : Les presses du réel, 2018
Beschreibung:
408 Seiten : Illustrationen
Format:
Buch
ID: 554505797
Bände/Inhalt:
  • Introduction -- Chapitre I. Convoitises du monde colonial : l'objet ethnographique comme objet de consommation -- 1. Musées ethnographiques, impérialisme et anthropologie -- 2. La course à l'approvisionnement : les musées ethnographiques allemands -- 3. Tous les moyens sont bons : modes d'acquisition -- 4. Des marchands au cœur des réseaux coloniaux -- 5. La société Umlauff, fournisseur de naturalia et d'ethnographica -- 6. Conclusion -- Chapitre II. La Maison Brummer entre curiosités, antiquités et avant-gardes (1906-1914) -- 1. La construction d'une identité marchande -- 2. De brocanteur à marchand d'art : les Maisons Brummer à Paris (1909-1914) -- 3. De la Foire aux Jambons à << Picasso u. Negerplastik >> -- 4. Spécialisation et construction de savoir -- 5. De la photographie et des mots comme valeur ajoutée -- 6. Un réseau étendu de fournisseurs -- 7. Acquisition à l'étranger : quand l'ethnographie devient art -- 8. Ors et bronzes : la préciosité des matériaux comme gage de valeur -- 9. Une parenté exacerbée : art égyptien et arts de l'Afrique sub-saharienne -- 10. Un groupe éclectique : les acheteurs -- 11. Conclusion -- Chapitre III. Paris - New York : axe d'échange d'œuvres et d'idées (1914-1924) -- 1. La Washington Square Gallery : arts de l'Afrique et spécificité américaine -- 2. Paul Guillaume à Paris : les arts de l'Afrique au cœur d'une carrière marchande -- 3. Rencontre à la << racine de l'art moderne >> : Paul Guillaume et la galerie 291 -- 4. << Statuary in Wood by African Savages: The Root of Modern Art >>: Exposition et contradictions -- 5. Une fructueuse collaboration : Marius de Zayas et Paul Guillaume (1915-1918) -- 6. Antiquité et Authenticité -- 7. << Un approvisionnement suivi en bois nègres >> -- 8. La photographie au cœur du marché -- 9. Entre théories raciales évolutionnistes et modernisme -- 10. Les publications en circulation -- 11. Arts de l'Afrique comme enjeu intellectuel transatlantique -- 12. Réponse européenne : Paul Guillaume au cœur d'un foisonnement d'activités -- 13. << Un coup de maîtres >> -- 14. << Une série d'exemples typiques du point de vue esthétique >> -- 15. Paul Guillaume << à la mode >> -- 16. Popularisation des arts africains en France : << Première exposition d'art africain et océanien >> et << Fête nègre >>, 1919 -- 17. Un tournant américain : Marius de Zayas et The Negro Library Association, 1918 -- 18. << Vous verrez que nous ferons des choses amusantes >> : Charles Vignier et Marius de Zayas -- 19. La collection Walter et Louise Arensberg : un exemple d'inflation -- 20. Marius de Zayas et Charles Sheeler au Whitney Studio, 1923-1924 -- 21. Un retour aux sources : Joseph Brummer et Paul Guillaume, 1922 -- 22. Amérique : l'art africain en héritage -- 23. Conclusion -- Chapitre IV. La collection John Quinn : construction d'un pedigree occidental -- 1. Un collectionneur né -- 2. L'Armory Show : << Des choses radicales de l'étranger >> -- 3. La collection d'arts de l'Afrique : des horizons esthétiques élargis -- 4. The Negro Books : porteurs de << frisson >> artistique -- 5. Un dédoublement artistique : photographie et objets africains -- 6. Les œuvres : trajectoires occidentales et pedigree comme valeur ajoutée -- 7. Dispersion de la collection : test pour un marché en construction -- 8. Un statut controversé : retour au musée ethnographique -- 9. De l'oscillation de valeur : exposition à l'Arts Club de Chicago et vente au Field Museum -- 10. La vente aux enchères : une multitude de directions -- 11. Conclusion
Zusammenfassung:
  • En Occident, le regard esthétisant posé sur les objets venant d'ailleurs n'est ni neutre ni spontané. Pour ce qui est des arts d'Afrique, ce regard construit s'est forgé au début du XXe siècle, dans le contexte d'une Afrique colonisée, par le biais d'actions concrètes et délibérées initiées par un petit groupe d'acteurs, mené par Guillaume Apollinaire : artistes d'avant-garde, critiques, collectionneurs et marchands. Prenant appui sur un ensemble d'archives largement inédites, le présent ouvrage se concentre sur le rôle joué par les marchands d'art au tournant du siècle dernier, dans la définition, la promotion et la circulation d'objets africains en tant qu'œuvres d'art, en Europe et aux États-Unis. Cette fabrique du regard fut activée par un cercle étroit d'individus qui peuvent être considérés comme les principaux protagonistes de la création du marché des arts africains des deux côtés de l'Atlantique avant 1920 : Joseph Brummer, Robert J. Coady, Marius de Zayas, Paul Guillaume et Charles Vignier. Par le choix des œuvres qu'ils opérèrent, les expositions qu'ils organisèrent et les ouvrages qu'ils publièrent, ils furent largement responsables de la construction du "canon" des arts africains, et influencèrent leur perception en Occident jusqu'à ce jour.